Après près de 9 années d’exercice en Ille-et-Vilaine, le contrôleur général Eric Candas quitte ses fonctions
Le contrôleur général Eric Candas quittera officiellement ses fonctions le 31 janvier prochain. Il rejoindra la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises au Ministère de l’Intérieur, à la tête de la sous-direction des services d’incendie et des acteurs du secours dès le 1er février. Rencontre avec le directeur départemental à quelques jours de son départ.
POURQUOI CE CHOIX D’ÉVOLUTION PROFESSIONNELLE ?
Je totalise déjà près de 9 années d’exercice au sein du SDIS et j’arrivais bientôt à la fin de mon 2ème contrat de 5 ans. J’avais donc presque atteint la date limite de consommation (rires) ! J’aurais pu faire le choix de raccrocher en terminant mon contrat avant de partir en retraite, mais je ne me sentais pas complètement prêt pour ce grand départ. Et puis, je me suis dit que c’était peut-être le bon moment pour explorer un nouvel environnement. Il s’agira probablement de mon dernier poste, alors c’est aussi l’occasion de pouvoir toucher du doigt le travail de conception, de gestion et de suivi mené à l’échelon central. Le poste de sous-directeur des services d’incendie et des acteurs du secours au sein du Ministère de l’Intérieur représente pour cela une vraie opportunité. J’ai déjà eu l’occasion de travailler avec ces équipes au sein du comité de pilotage du SSUAP que j’ai intégré il y a déjà plusieurs mois.
Ce changement vient bouleverser un peu mes repères puisque c’est un écosystème totalement nouveau que je vais intégrer mais le renouvellement a toujours du bon. C’est d’ailleurs ce que j’ai toujours porté auprès des équipes au sein du SDIS, donc je ne peux que m’appliquer ce principe à moi aussi !
6 ANNÉES À LA TÊTE DU SDIS 29 ET PRESQUE 9 ANS AU SDIS 35 : QUE RETENEZ-VOUS DE CES 14 ANNÉES D’IMMERSION EN TERRE BRETONNE ?
Je retiens surtout le plaisir que j’ai eu à travailler avec les équipes, que ce soit en Ille-et-Vilaine, comme dans le Finistère. D’ailleurs, je me suis tellement plu que j’ai prévu de rester en Bretagne pour la seconde partie de ma vie. Et pourtant, cela n’était pas inscrit au programme ! Je n’ai aucune origine bretonne…
Ce que je garde en tête, c’est surtout cette authenticité dans les échanges. Je l’avais observé dans le Finistère et je l’ai totalement retrouvé en Ille-et-Vilaine. Cette façon de ne pas rendre les choses plus compliquées qu’elles le sont, de les aborder avec simplicité et sincérité. Ce type de relations me convient complètement. Et puis, il y a surtout cette capacité à travailler ensemble dans l’intérêt commun. Elus, sapeurs-pompiers, personnels administratifs et techniques : tous les services sont tournés dans cette dynamique avec la recherche, chez tous les agents, de la qualité du service rendu. Il peut y avoir des crispations sur certains sujets ou des phases de discussion parfois rugueuses, mais tout le monde se respecte pour ce qu’il apporte, et on finit toujours par trouver la solution. C’est au final toujours le sens de l’intérêt général qui finit par l’emporter.

QU’EST-CE QUI VOUS A SURPRIS AU SEIN DU SDIS 35 ? SELON VOUS, QUELLES SONT SES FORCES ?
Je dois avouer que j’ai été surpris au départ par cette capacité à écrire beaucoup, à tout mettre par écrit. Cette volonté de mettre en norme a du bon, mais elle peut finir par ne plus laisser suffisamment de marge de manoeuvre pour s’adapter aux situations.
J’ai été également marqué par cette organisation territoriale qui repose sur beaucoup de centres d’incendie et de secours et sur des formes de coopérations de type fusion ou association. C’est ce qui nous a permis de maintenir un maillage serré sur l’ensemble du territoire et de conserver la force que représentent nos 3000 sapeurs-pompiers volontaires. Ceci est possible grâce à un portage politique très clair. Nous avons la chance d’avoir une gouvernance qui dispose d’une vision précise de ce qu’elle veut. Le SDIS est pleinement intégré comme une politique publique, ce qui est à la fois confortable, et donne un vrai sens à l’action menée. Les efforts sont réalisés pour toujours maintenir un standard de qualité du service, avec en face une allocation de moyens.
J’ai beaucoup apprécié cette capacité que chacun a à travailler les uns avec les autres. Tout le monde reste toujours très accessible. La facilité d’accès que j’ai pu avoir avoir auprès des personnels et sur tous les sujets transparaît à tous les niveaux de la chaîne hiérarchique jusqu’aux élus, ce qui facilite énormément la gestion des dossiers.

QU’EST-CE QUI VOUS MANQUERA ?
J’ai biensûr le regret de ne pas avoir pu mener à terme certains projets structurants. Je pense à la déclinaison de la convention sur le secours à personne, à la réinterrogation des équipes spécialisées, ou à des projets ambitieux comme le réseau radio du futur ou Nexsis.
D’un point de vue humain, cette singularité qu’a le SDIS 35 à être au contact me manquera certainement. Je fais notamment référence à mes visites dans les CIS car c’est ici que l’on confronte nos décisions à ceux qui vont les mettre en œuvre. Cela me manquera inévitablement. Tout au long de mon parcours en Ille-et-Vilaine, j’ai côtoyé une multitude d’interlocuteurs sur tout le territoire. J’espère pouvoir continuer à conserver des liens proches du terrain dans mon futur champ de missions. Certains projets devraient me le permettre en lien avec la transformation du Beauvau de la sécurité civile : les évolutions climatiques qui réinterroge la culture de la prévention, Nexsis, RRF…
UN DERNIER MESSAGE À PASSER AVANT DE PARTIR ?
C’est avec une pointe de regret que je quitte malgré tout le SDIS où j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler. Je remercie tous les élus et les personnels pour tout ce qu’ils ont pu m’apporter. Je souhaite que mon successeur puisse trouver autant d’épanouissement que j’ai pu en avoir en travaillant au sein du SDIS 35. Il apportera nécessairement sa touche à l’organisation et mettra certainement en place des projets qui s’inscriront dans un contexte différent, mais je formule le souhait que les valeurs d’authenticité portées aujourd’hui par l’établissement puissent perdurer.
